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Santé Sexuelle Féminine

Imagerie des pathologies prostatiques féminines par RMI

D’après l’article « Imagerie des pathologies prostatiques féminines par IRM » par F. Wimpissinger et coll, J Sex Med 2009

Analyse par Pierre Desvaux, Paris, France

Le libellé du titre peu être un peu surprenant pour beaucoup d'entre nous, mais il faudra s'y résoudre, les femmes ont parfois une prostate ! Herophile de Chaldekon, médecin et anatomiste grec 300 ans avant Jésus Christ a décrit le premier la prostate chez l'homme, persuadé que chaque organe à la même origine chez l'homme et chez la femme, il décrira des glandes para urétrales chez la femme. Beaucoup plus tard de Graaf décrira également ces glandes, qui seront dénommées glandes para urétrales pendant longtemps, mais ce sont les travaux de Zaviacic sur l'immuno-histo-chimie de ces glandes qui emporteront la décision de vocable de "prostata femina" (FICAT 2001). Le but de l' étude de Wimpissinger était d'établir un système d'imagerie standardisé de l'anatomie urétro-prostatique féminine et de trouver une corrélation avec différents symptômes sexuels et urinaires. Ainsi 7 femmes ont pu être recrutées, 2 présentaient des douleurs urétrales chroniques, 3 des sécrétions urétrales muqueuses, 1 une fistule dans le cadre d'une maladie de Crohn et une patiente présentait une éjaculation durant l'orgasme, aussi bien par autostimulations que lors des rapports. L'âge moyen de ces femmes était de 40 ans (17- 62 ans).

En IRM, des glandes para urétrales ont pu être visualisées chez 6 des 7 patientes, le volume des glandes dans ce cas était compris entre 2 à 4 cc. Dans ces 6 cas, l'examen a permis de mettre en évidence soit le conduit reliant à l'urètre, soit une relation très étroite avec l'urètre. Chez trois patientes, l'examen clinique a permis de retrouver ces structures glandulaires, particulièrement si elles étaient asymétriques ou nodulaires. C'est chez la patiente qui présentait une éjaculation lors de l'orgasme qu'aucune glande n'a été visualisée en IRM. Ainsi l'hypothèse selon laquelle l'éjaculation féminine pourrait provenir d'extensions kystiques de ces glandes ne peut être retenue à la vue de cette étude. Certes la patiente avait eu une éjaculation 48 h avant l'examen, mais il est peu probable cependant que cela explique qu'aucune structure glandulaire ne soit visible à l' IRM.

Il s'agit d'un travail très intéressant permettant de visualiser cette prostate féminine et de mieux corréler les aspects anatomiques et les troubles du bas appareil urinaire chez la femme. Concernant l'hypothèse que l'éjaculation féminine viendrait de ces glandes para urétrales, celle-ci ne peut être validée à la vue de cette étude, néanmoins l'échantillon ne portant que sur un sujet, il serait intéressant de reproduire cet examen chez un plus grand nombre de femmes présentant une éjaculation.