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Santé Sexuelle Féminine

Douleurs sexuelles

Prévalence, incidence, et facteurs de risque des vulvodynies dans la population générale

Deux études récentes de Reed et coll, de l’université du Michigan, fournissent des données intéressantes à ce sujet chez les femmes Américaines.

Dans la première (American Journal of Obstetrics & Gynecology 2012, 206 :170.e1-9), les auteurs rapportent la prévalence observée dans une enquête ayant porté sur 2542 femmes dont 2269 ont complété le questionnaire utilisé. La prévalence de la vulvodynie était de 8.3 %. Parmi les femmes sexuellement actives, cette prévalence était identique à tous les âges, alors que pour l’ensemble de la population, elle était également stable jusque l’âge de 70 ans et diminuait ensuite. Parmi les femmes qui réunissaient les critères diagnostiques, seules 48.6 % avaient recherché un traitement et 1.4 % avaient reçu le diagnostic de vulvodynie. En outre 16.9 % des femmes de cette population avaient présenté antérieurement une vulvodynie, laquelle avait disparu après une durée moyenne de 12.5 ans.

Dans le second article (Journal of Women’s Health 2012 ;21 :1139-43), les auteurs rapportent les données de réévaluations deux ans et quatre ans après une première enquête analogue réalisée précédemment chez 1037 femmes. 69.7 % de ces femmes ont rempli les questionnaires à deux ans et/ou à quatre ans, parmi lesquelles 660 n’avaient pas de vulvodynie ni d'antécédent d'une telle affection au moment de la première enquête. Les données recueillies ont permis de calculer l’incidence annuelle des vulvodynies, qui était de 3.1 % dans cette population. L’incidence était plus faible (1.4 %) chez les femmes qui n’avaient aucun antécédent de douleur sexuelle lors de l’évaluation initiale, alors qu’elle était nettement plus élevée chez celles qui en avaient eu précédemment (incidence 5.6% si antécédent de dyspareunie ou de douleurs vulvaires de courte durée). Parmi les facteurs de risque, le fait de n’ être pas blanche, et celui d’avoir des antécédents de douleurs lors des rapports ou après le rapport. Le risque de vulvodynie incidente augmenta également significativement parmi les femmes qui avaient des antécédents de brûlures urinaires lors de l’enquête initiale (risque multiplié par environ 3).

En conclusion la vulvodynie est un problème féminin fréquent, bien que rarement diagnostiqué. Sa prévalence reste élevée toute la vie parmi les femmes qui ont une activité sexuelle, quel que soit l’âge. L’incidence annuelle est substantielle, et plus importante chez les femmes qui ont des antécédents de dyspareunie ou de douleurs vulvaires ne remplissant pas tous les critères de la vulvodynie. Ceci suggère que cette pathologie pourrait être souvent sous-tendue par une sensibilité uro-génitale généralisée.