Infections Sexuellement Transmissibles

Découverte de virus HPV oncogènes au niveau des organes génitaux avant les premiers rapports

Brève par Jacques BUVAT, Lille, France

à partir des articles de De Martino M, Haitel A, Wrba F, Schatzl G, Klatte T, Waldert M. High-risk human papilloma virus infection of the foreskin in asympotomatic boys. Urology 2013;81:869-872.
et de Shew ML, Weaver B, Tu W, Tong Y, Fortenberry JD, Brown DR. High frequency of human papillomavirus detection in the vagina before first vaginal intercourse among females enrolled in a longitudinal cohort study. J Infect Dis 2013;207:1012-1015.


La vaccination anti-HPV oncogènes a révolutionné la prévention du cancer du col, mais devrait peut-être être envisagée plus tôt qu'habituellement recommandée

Deux articles récents rapportent la présence de virus HPV oncogènes au niveau des organes génitaux d'enfants ou d'adolescents n'ayant pas eu de rapports sexuels, et suggèrent la possibilité de transmission par des voies autres que sexuelle. Dans le premier, la recherche de virus HPV à haut risque carcinogène effectuée au niveau des prépuces de 50 jeunes garçons (de 5 mois à 15 ans, âge médian 5 ans et demi) collectés à l'occasion de circoncisions s'est avérée positive dans 6 cas (12 %), avec chaque fois détection du génotype HPV 16. La seconde publication concernait cette fois des adolescentes n’ayant jamais eu de rapport sexuel vaginal, suivies dans une étude observationnelle longitudinale, et chez qui a été effectuée une recherche vaginale d’HPV. Cette fois c’étaient 10 des 22 filles (45.5 %) chez qui la recherche s'avéra positive, encore que 7 reconnaissaient avoir eu des contacts sexuels sans pénétration qui pouvaient rendre compte, au moins en partie, d’une transmission génitale.

Ces données doivent bien sûr être confirmées, particulièrement en ce qui concerne la réalité de l'absence de contact génital avant prélèvement dans les autres cas. Si elles l'étaient, elles remettraient en cause la croyance générale de la nécessité d'un contact génital, qu’il soit vaginal, oral ou anal, pour la transmission du virus HPV, à l'exception des souches responsables des verrues bénignes, dont la transmission par simple contact cutané a été établie. Il est en effet difficile d’imaginer que les 15 cas colligés dans ces deux études d’enfants et d’adolescents jeunes aient tous contracté le virus HPV oncogène au cours d’une activité sexuelle. L'éventualité d’autres voies de transmission doit donc être envisagée.

Quoiqu'il en soit la principale conclusion est que ces constatations plaident en faveur d’une vaccination anti-HPV plus précoce qu’elle n’est actuellement recommandée. La confirmation de contages indépendants de toute activité sexuelle aiderait aussi à rassurer les partenaires des sujets chez qui on découvre la présence d’HPV, et qui suspectent de ce fait des rapports sexuels extra-conjugaux !