Andrologie

Andrologie

La testosterone peut-elle augmenter le bénéfice métabolique des seules mesures hygiéno-diététiques chez les hommes avec syndrome métabolique et/ou diabète ?

D’après l’article de Heufelder A.E. et coll, Journal of Andrology 2009

Analyse par le Pr. Jean Jacques Legros, Liège, Belgique

Dans cette étude malheureusement réalisée en « simple aveugle », pendant 52 semaines, les auteurs ont comparé l’effet  d’un traitement « hygiéno-diététique » (Activité physique contrôlée et régime hypocalorique classique) chez des patients présentant un syndrome métabolique (MetS) ou un diabète de type 2 récemment découverts et associés à un hypogonadisme (Testo totale :<12 nMole/l, Normale >14), à celui des mêmes consignes hygiéno-diététiques associées à la prescription d’un gel de  testostérone (50mg) ou d’un gel placebo une fois par jour.

Le personnel infirmier qui appliquait le gel et surveillait les mesures hygièno-diététiques ignorait s’il s’agissait du produit actif ou du placebo. L’âge moyen était  de 56 ans environ, l’IMC de 32, la testostérone moyenne de 10,5  et le HOMA (index de sensibilité a l’insuline) de 6 environ dans les deux groupes au départ.

Apres 2 semaines on constata une diminution significative du HOMA traduisant donc une meilleure sensibilité a l’insuline dans les deux groupes, plus marquée cependant dans le groupe traité (< 0,001). Cet effet bénéfique est confirmé par une amélioration de l’HgbA1c dans les deux groupes, plus marquée toutefois dans le groupe traité (<0,05) ainsi que par une diminution de la CRP (reflet d’un état inflammatoire impliqué dans la résistance a l’insuline), nettement plus marquée dans le groupe traité.

On peut bien entendu regretter que cette étude ait été réalisée sur un laps de temps relativement court, et en « simple aveugle », mais elle apporte toutefois la confirmation  que des mesures hygiéno-diététiques bien prescrites et bien suivies améliorent  les paramètres métaboliques du MetS et du diabète de type 2.

Cette amélioration est plus nette encore si de la Testostérone est ajoutée au traitement en cas d’hypogonadisme démontré.

On doit aussi regretter que les auteurs n’aient pas cru bon de donner les taux de testostérone après mesures hygiéno-diététiques seules : on peut parier que l’évolution de la testostérone endogène aurait également été significative ! !

Dans notre expérience clinique nous pensons en effet qu’il faut d’abord tester les mesures hygiéno diététiques bien comprises avant de mettre l’axe gonadotrope au repos ( donc la sensibilité testiculaire) par la prescription trop rapide de testostérone exogène. On aurait d’ailleurs apprécié de disposer des concentrations en LH  sous les deux types de traitement !

Quoiqu’il en soit cette étude apporte un élément de plus concernant l’effet de la testostérone sur plusieurs paramètres métaboliques importants pour la longévité et la qualité de vie !