Andrologie

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Les systèmes extenseurs peuvent-ils allonger durablement les “petits pénis” ? A propos d’une étude de phase II.

Réaction du Pr Pierre Assalian, Montréal, Canada

D’après l’article : “A pilot phase-II prospective study to test the efficacy and tolerability of a penile-extender device in the treatment of “short penis”. P. Gontero, M. Di Marco, G. Giubilci, R. Bartoletti, G. Pappagall, A. Tizzani, N. Mondaini, BJU International :103;793-797

Il s’agit d’une petite étude de phase II ayant inclus 15 hommes qui se plaignaient du syndrome du « petit pénis » et qui ont utilisé l’Andro-Penis qui est présenté comme un extenseur du pénis.

L’article suscite chez moi plus de questions qu’il n’apporte  de réponses !

Les auteurs parlent selon le moment de short, d’inadequate  ou de small penis, ce qui me rend encore plus confus : est-ce que ces termes sont interchangeables ? La durée de l’étude est de 6 mois.  Douze patients sur vingt et un ont relaté leur dysfonction sexuelle à la longueur insuffisante de leur pénis. Ces patients ont refusé une investigation systématique de l’éventuelle étiologie psychologique de leur problème sexuel. Ce qui m’amène  à penser que ces patients souffraient du syndrome de la dysmorphophobie  du pénis; d`ailleurs les auteurs mentionnent ce syndrome mais sans élaborer sur l`évaluation de ce problème.  De plus la satisfaction a été évaluée par un questionnaire non validé.

Il n’y a pas de groupe témoin (control group), encore que je suppose que dans une telle étude il est difficile d`en avoir un.

A mon avis l`usage de cet extenseur est probablement valide  dans le traitement de la maladie de Peyronie pour prévenir la rétraction mais pas dans l’indication du petit pénis.

Je constate avec stupéfaction que dans leurs références nos collègues urologues insistent à parler de chirurgie phallo plastique chez les jeunes souffrant de dysmorphophobie du pénis. Nous devons dénoncer cette pratique  avec véhémence.