Ejaculation

Ejaculation prématurée : un nouveau gel pour application locale dont la tolérance semble excellente et les performances proches de celles de la Dapoxetine

D’après W.W. Dinsmore and M.G. Wyllie, British Journal of Urology International,2009.

Analysé par le Pr Pierre Assalian, Montréal, Canada

Il s’agit d’une étude de phase III, en double aveugle, randomisée, contre placebo dans 31 centres en Europe. L’objectif de cet essai clinique était d’étudier l’efficacité et la tolérance DU PSD502 une association de lidocaïne (7.5 mg) et de prilocaïne (2.5 mg) chez des hommes souffrant d’éjaculation prématurée (EP) primaire. Elle inclut 300 hommes de plus de 18 ans, ayant une relation hétérosexuelle stable, souffrant d’EP primaire, et qui avaient au début de l’étude un temps de latence d’éjaculation intravaginale (ou intravaginal ejaculatory latency time = IELT) < 1 minute. Le groupe actif a reçu le PSD502 qui se présente sous forme de vaporisateur (spray) et doit être appliqué 5 minutes avant les rapports sexuels ou un placebo également sous forme de spray pendant trois mois.

L’efficacité a été évalué par la mesure chronométrée de l’IELT et par un questionnaire complété par les patients permettant d’évaluer de façon objective les autres paramètres de l’EP, le Premature Ejaculation Profile (PEP). L’IELT s’est amélioré sous le PSD502, passant de 0.6 minute au début de l’étude à 1.1 minute sous placebo et 3.8 minutes pour le groupe actif, soit des résultats comparables à ceux de la Dapoxetine qui vient d’être commercialisée en Europe pour prise orale avant le rapport. Soixante six pour cent des patients ont qualifié le résultat de bon ou excellent.
Le PSD502 a été bien toléré par les hommes, sans effet systémique et avec une incidence faible d’effets indésirables locaux : effets indésirables attribués au traitement chez 2.6 % des hommes (2 érythèmes génitaux et 2 pertes de l’érection après application), et 3.1 % des partenaires (brûlures vulvovaginales).

OPINION : L’utilisation des anesthésiques locaux appliqués sur le pénis n’a rien de nouveau. Rappelons-nous la crème SSS faites à base d’herbes naturelles. Le temps nous dira si cette forme de traitement sera acceptée universellement.
Mon problème est que cette forme de traitement dérangera la spontanéité dans la relation amoureuse entre deux personnes que nous cherchons toujours pour nous et nos patients. Le couple qui doit utiliser le PSD502 doit interrompre son échange érotique pour que l’homme utilise le vaporisateur.
Nous vivons une époque très intéressante pour l’éjaculation prématurée, cette dysfonction sexuelle oubliée. Nous en savons maintenant plus sur l’étiologie, nous avons des traitements pharmacologiques. La question est quelle sera la préférence de l’homme entre la prise quotidienne de la clomipramine ou d’un IRSS, la prise à la demande de la Dapoxetine ou l’application du PSD502 sur le pénis ? Le temps nous le dira.