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Traitements pharmacologiques

Pas davantage significatif sur le placebo à un antagoniste des récepteurs opioïdes MU dans le traitement du trouble de l’excitation sexuelle féminine.

Bien qu’on suspecte une contribution périphérique, endothéliale ou même vasculaire, aux troubles de l’excitation féminine, tout au moins dans leur forme viscérale, périphérique, celle-ci n’a pas jusqu’à présent été prouvée de façon convaincante. On observe particulièrement que les femmes qui souffrent d'une diminution chronique de l’excitation répondent aux stimuli érotiques, par exemple visuels, par une congestion vasculaire analogue à celle des témoins, suggérant qu’il existe une composante centrale à la physiopathologie de cette dysfonction sexuelle.

 Les opiacés, et, chez l’animal, les voies opioïdes, inhibent la sexualité dans les deux genres, et des données expérimentales suggèrent que les antagonistes des opioïdes stimulent au contraire désir et excitation, deux paramètres dont on sait aujourd’hui qu’ils sont souvent intriqués, à tel point qu’on envisage de les associer dans un même « trouble du désir et de l’excitation » dans le DSM V qui devrait bientôt être publié.

Pour cette raison le laboratoire Pfizer a testé une molécule antagoniste des récepteurs opioïdes MU, vis-à-vis desquels cette molécule présente une affinité très élevée, chez des femmes en période d’activité génitale qui présentaient un trouble du désir sexuel hypo actif (Orri et coll, publication en ligne du 24 Janvier 2013, Journal of Sexual Medicine). Il s’agissait d’une étude en double aveugle contre placebo qui a porté sur 47 femmes âgées en moyenne de 28 ans. L’évaluation s’est faite de façon rigoureuse et a utilisé, outre la tenue de journaux quotidiens, la forme Abrégée du Sexual Function Questionnaire (ASFQ) ainsi qu’une évaluation de la souffrance sexuelle.

Bien que l’administration de l’antagoniste ait été suivie d’une amélioration du désir et de l’excitation des femmes traitées, les mêmes effets ont été observés sous placebo, et aucune différence statistiquement significative n’a été trouvée entre produit actif et placebo. Les entretiens qui avaient été prévus en fin d’étude suggéraient que le fait de faire partie de l’étude, et d’agir de façon positive pour rechercher une solution à cette dysfonction sexuelle féminine, pouvait avoir contribué à soi seul à l’amélioration des symptômes observée chez les patientes, plus que le fait d’avoir pris un traitement spécifique des systèmes opioïdes.

Voici donc une nouvelle étude qui confirme l’importance de l’effet placebo, déjà démontrée par l'utilisation de méthodologies rigoureuses dans les études qui ont testé les patchs de testostérone, ainsi que la Flibansérine au cours des quinze dernières années.