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Physiologie

Où l’on reparle des phéromones de la femme

Plusieurs indices suggèrent que des composés volatiles de type phéromones exercent des effets physiologiques dans l’espèce humaine comme ils le font de façon plus large et mieux connue dans les espèces animales. Parmi ceux-ci la synchronisation menstruelle ou la modification de la durée des cycles chez les femmes qui vivent en groupe. Nielsen et coll (Behavior Brain, Research 2011;225:584), se basant sur le fait qu’on a montré que l’exposition de rats mâles aux fèces, non seulement de rats femelles en oestrus, mais aussi à celles d’autres animaux femelles comme les juments ou les renardes stimulait leur comportement sexuel, ont analysé les fèces de mâles et de femelles de ces trois espèces et y ont identifié 965 composés volatiles différents. 188 de ces composés étaient communs aux 3 espèces, mais aucun n’était spécifique des femelles en oestrus. Cinq étaient cependant présents à concentration plus faible pendant l’oestrus des femelles des 3 espèces. L’exposition de rats mâles ayant une expérience antérieure de la sexualité à un mélange de ces cinq dernières substances volatiles augmenta de façon significative leurs érections lorsque ces substances étaient fortement diluées et mélangées dans des proportions reproduisant celles trouvées dans les fèces des animaux femelles, mais pas aux concentrations trouvées dans leurs fèces en dehors de la période de l’oestrus. A ce stade, il est cependant difficile de déterminer si ce mélange de substances odorantes stimule vraiment les érections ou s’il s’agit simplement d’un marqueur de l’oestrus que les rats sexuellement expérimentés ont appris à associer avec l’activité sexuelle du fait d’un mécanisme de conditionnement.

Un des principaux intérêt pour nous de cette étude est qu’il apparaît que 4 des composés volatiles incorporés dans la mixture sont aussi présents dans les secrétions vaginales des primates, et stimulent leur comportement sexuel. Particulièrement ces molécules ont été trouvées en concentration plus élevée chez les femmes pendant la première moitié de leur cycle menstruel (correspondant à l’oestrus), mais leur effet sur la fonction sexuelle des hommes est pour l’instant inconnu. Le débat sur le rôle des signaux olfactifs dans le contrôle du comportement sexuel se poursuit donc, et il est possible que ces substances jouent un rôle dans le contrôle central de l’activité sexuelle humaine. A suivre !