Société

Prévalence et caractéristiques de l’usage du vibromasseur par les hommes aux USA

Auteurs :M. Reece et al. J Sex Med, 2009

Analyse par Richard Villeneuve, Ph.D., professeur agrégé retraité, faculté de médecine, université de Sherbrooke, Québec

Résumé

En avril 2008, les auteurs ont procédé à un sondage sur l’usage par les hommes du vibromasseur dans leurs activités sexuelles auprès d’un échantillon représentatif de la population masculine américaine. 1047 hommes âgés de 18 à 60 ans ont participé. Les mesures évaluaient des données sociodémographiques, l’état de santé physique et mentale et les comportements ayant rapport à la santé, les comportements sexuels, l’usage d’un vibromasseur et finalement la fonction sexuelle. Ils ont analysé leurs résultats, prenant soin de les pondérer, pour éviter les biais.

Résultats

 La prévalence des hommes qui font usage d’un vibromasseur dans leurs activités sexuelles en solo ou avec partenaire est de :

  •  44.8% à un moment ou l’autre de toute leur vie
  •  20.5% il y a un an ou plus
  •  14.2% pendant la dernière année
  •  10% durant le dernier mois

Les hommes qui font usage d’un vibromasseur, particulièrement dans leurs activités sexuelles récentes, participent plus souvent à des comportements favorisant la santé sexuelle, tels par exemple que l’auto-palpation des testicules.

De plus, ils semblent avoir une meilleure fonction sexuelle puisqu’ils ont des scores plus élevés à l’IIEF que ceux qui n’utilisent pas de vibromasseur.

Commentaires

  1.  C’est la toute première étude de prévalence de l’usage d’un vibromasseur par les hommes.
  2.  Si on prend la prévalence de l’usage d’un vibromasseur dans la dernière année seulement (14.2%), il est permis de constater qu’elle est appréciable, plus qu’on aurait pu s’y attendre.
  3.  Le vibromasseur n’est pas plus significativement utilisé par les homosexuels ou bisexuels que par les hétérosexuels.
  4.  Ce sont plus souvent des hommes fonctionnels au plan sexuel que des hommes dysfonctionnels qui utilisent le vibromasseur.

Evidemment, ces résultats ne peuvent s’appliquer qu’à l’homme américain. Cependant, selon une référence des auteurs (Richters et al. 2003), un pourcentage semblable d’hommes australiens (12%) rapportent avoir utilisé dans la dernière année un «jouet» sexuel.
Maintenant que nous savons qu’un nombre significatif d’hommes font usage d’un vibromasseur, beaucoup d’autres questions se posent :

  1.  Les types de vibromasseurs : avec attaches ou pas, pour insertion vaginale ou anale, etc ?
  2.  La nature du contact entre le vibromasseur et les organes génitaux ou l’anus, la durée et l’intensité de son utilisation.
  3.  Son usage pour fins ludiques, comme adjuvant en quelque sorte à l’activité sexuelle, ou pour fins thérapeutiques, pour contribuer à restaurer la fonction sexuelle, en termes de désir, d’érection, d’éjaculation et d’intensité orgasmique ?.

Conclusion

Pour paraphraser les auteurs, les cliniciens, thérapeutes et éducateurs devraient être conscients du fait que beaucoup d’hommes incorporent un vibromasseur dans leurs activités sexuelles en solo ou avec partenaire, et considèrent comment cela peut affecter les données de l’histoire sexuelle qu’ils enregistrent, et leurs interventions thérapeutiques et éducatives.