Société

Une femme américaine sur deux utiliserait un Sex-Toy ?

Dr Marie-Helène ColsonD’après l’article de Herbenick et coll, Journal of Sexual Medicine 2009

Analysé par le Dr Marie Hélène Colson, Marseille

C’est ce que semble révéler une publication récente signée Debra Herbenick , d’après une enquête menée sur Internet auprès de 3800 femmes de 18 à 60 ans. 61% des femmes contactées ont accepté de répondre à ses questionnaires, peut être motivées par la rémunération de $5 promise.

52.5% des 2056 femmes ayant participé à cette enquête disent qu’elles utilisent un Sex-Toy. L’étude est très détaillée et renseigne de nombreux paramètres concernant l’utilisation du vibrateur à des fins sexuelles. La majorité d’entre elles (46%) l’utilisent seules pour se masturber. Mais il n’est pas rare non plus de s’en servir pour égayer sa relation de couple, soit pendant les préliminaires (40.9%) soit à deux durant la pénétration (37%).

Bizarrement il n’apparaît pas que les femmes seules s’en servent davantage que celles qui sont en couple, mais les femmes homosexuelles semblent bien l’intégrer plus facilement dans leur sexualité.

Dans 83% des cas, c’est le clitoris qui est stimulé, ce qui n’exclut pas une utilisation intravaginale (dans 64% des cas) et quelquefois même on n’hésitera pas à s’aider d’un lubrifiant (41%) pour faciliter les choses. Et si quelques femmes ne se servent de leur vibrateur qu’après lui avoir enfilé un préservatif (7.4%), il faut savoir qu’après usage, 13.8% de l’ensemble de celles qui en utilisent un, oublient de nettoyer leur Sex Toy, alors que 60% d’entre elles le nettoient avant et après usage.

La fonction sexuelle des femmes utilisatrices de vibrateurs sexuels semble de meilleure qualité que celle les autres, ainsi que l’indique le score réalisé au FSFI par chacune des participantes à l’étude. L’auteur en déduit que la pratique régulière d’un vibrateur favorise peut être une expérience plus fréquente de l’orgasme et induit chez son utilisatrice une meilleure réceptivité sexuelle ainsi qu’une plus grande « appétence » à la sexualité.

Il semblerait bien aussi que la plupart des femmes utilisatrices de Sex Toys soient globalement en meilleure santé et mieux suivies médicalement et gynécologiquement que les autres.

Et chacune pourra désormais se rassurer : preuves à l’appui, les Sex Toys peuvent s’utiliser sans modération. Une large partie de l’étude, centrée sur l’éventualité d’effets indésirables dus à leur usage révèle qu’ils sont négligeables. Pas plus de 9.9% d’utilisatrices en signalent occasionnellement, avec seulement 1.1% d’effets signalés comme plus sérieux et pouvant perdurer (coupures, irritations persistantes).

Il faut féliciter Debra Herbenick de cette enquête originale, même si l’on regrette un peu de ne pas savoir à quel âge la plupart des femmes ont commencé à se familiariser avec un vibrateur et pour quelles raisons. Il aurait aussi été intéressant de connaître la fréquence d’utilisation en fonction de la répartition par tranche d’âge des utilisatrices, compte tenu des données actuelles montrant bien la persistance d’une activité sexuelle régulière chez les femmes les plus âgées.